Frédérique FLECK


Titres :

  • Agrégé-préparateur au Département des Sciences de l’Antiquité de l’cole Normale Supérieure

Spécialités :

  • Syntaxe, sémantique et pragmatique latines

Informations professionnelles et personnelles :

Adresse professionnelle :
Département des Sciences de l’Antiquité
45, rue d’Ulm
75005 Paris 1

PUBLICATIONS

  1. Ouvrages
    • Interrogation, coordination et subordination : le latin quin , 2008, collection Lingua Latina (n° 11), Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne.
      L’étude, de type diachronique, prend en compte l’évolution des emplois de quin sur une période de sept siècles, depuis les premiers textes littéraires (IIIe s. av. notre ère) jusqu’à l’époque d’Augustin (IVe s.). Le corpus comprend l’ensemble des occurrences de quin données pour cette période par le CDRom CLCLT-5, qui contient la plupart des textes littéraires latins.
      Le fonctionnement et la valeur de quin sont examinés selon plusieurs approches complémentaires. Il fallait d’abord déterminer, d’un point de vue syntaxique, les différentes fonctions de ce mot en latin (adverbe interrogatif, particule d’énonciation, coordonnant intra- et extra-phrastique, subordonnant pouvant introduire des subordonnées complétives, circonstancielles et même relatives). Le sens de ce terme et ses éventuelles évolutions ont été précisés : interrogation négative sur la cause tirée d’un ancien interrogatif de manière ; particule marquant l’exaspération et l’impatience du locuteur ; connecteur additif (et non adversatif, comme tendent à le faire penser certaines traductions) ; subordonnant tantôt négatif, tantôt positif. Les acquis de la pragmatique, enfin, ont permis de mieux cerner le rôle de quin dans la communication, notamment pour mettre en lumière la valeur illocutoire souvent jussive, parfois aussi assertive des interrogations introduites par quin ou la valeur argumentative de renchérissement de quin dans son emploi comme coordonnant.
      Si les emplois de quin constituent le point focal de cette recherche, ils n’en sont toutefois pas l’unique objet, car ils ont été systématiquement replacés au sein du système linguistique plus vaste dont ils font partie. Les emplois interrogatifs de quin ont ainsi été rapprochés de ceux des autres adverbes interrogatifs de cause (quidni, également négatif et d’emploi très proche, cur (non), quare (non) et quomodo (non) pour leur valeur, leur fréquence d’emploi et leur évolution (disparition progressive des interrogatifs quin et quidni spécialisés dans certains types particuliers d’interrogation, extension à leurs dépens des emplois des interrogatifs non marqués). Les emplois de quin comme coordonnant ont conduit à une étude des connecteurs adversatifs at, sed, uerum et immo qui peuvent apparaître dans des contextes semblables, ce qui donne l’illusion que quin assume parfois également une valeur adversative, et à une comparaison avec les coordonnants copulatifs et, atque et -que. Enfin, en tant que subordonnant, quin a été replacé au sein du système de la subordination latine à travers plusieurs rapprochements : avec le subordonnant non négatif qui, avec le subordonnant de forme négative quominus, avec le subordonnant ut et ses pendants négatifs (ut) ne et ut non, enfin avec la proposition infinitive et l’infinitif complément de verbe.


  2. Articles
    • « Non possum quin: évolution d’une construction des comédies de Plaute à la prose d’art de Fronton et d’Apulée », 2006, Latomus 65/1, p. 34-48.
      Cet article étudie l’évolution de la construction non possum quin, qui présente un nombre d’occurrences très limité, sur une période d’environ 400 ans (du milieu du III e s. av. J.-C. au milieu du II e s. apr. J.-C.). J’ai pu montrer que chez Plaute, et encore chez Térence, la proposition introduite par quin dépend directement du verbe modal de possibilité et entre ainsi en rapport paradigmatique avec l’infinitif (assorti d’une négation) qui accompagne habituellement le verbe modal. Le phénomène de coréférence des sujets du verbe modal et du verbe subordonné que j’ai pu observer de façon systématique dans les occurrences de ce tour garantit que telle est bien le fonctionnement de cette construction, et qu’il n’y a pas lieu de supposer la présence d’un infinitif, facere, sous-entendu. Le tour, dont la construction était anomale, est refait en facere non possum quin à l’époque classique, grâce à l’introduction de l’infinitif facere; le verbe modal est alors construit, comme c’est habituellement le cas, avec un infinitif. Enfin, au II e siècle apr. J.-C., l’expression nequeo quin réapparaît en tant qu’archaïsme et peut ainsi entrer dans la prose d’art de Fronton et d’Apulée après avoir appartenu au sermo cotidianus des comédies et de la correspondance cicéronienne.
    • « Les emplois du connecteur quin et leur évolution. Comparaison avec les emplois des connecteurs adversatifs at, sed et uerum », 2007, Ordre et cohérence en latin. Communications présentées au 13e Colloque international de Linguistique latine (Bruxelles-Liège, 4-9 avril 2005) , G. Purnelle et J. Denooz (éd.), Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège - fascicule 293, Genève, Droz, p. 43-54.
      L’article montre que la valeur fondamentale de quin consiste en un accroissement de la force illocutoire assertive de la proposition dans laquelle il figure. Cette valeur permet une grande variété d’emplois illustrée par les textes de Plaute et de Térence. Chez ces auteurs, quin souligne souvent des réitérations qui peuvent être littérales ou non, et qui reprennent généralement la position exprimée précédemment par le même locuteur, mais peuvent aussi appuyer celle de l’interlocuteur. En latin classique, quin indique presque toujours un ajout et possède habituellement une valeur argumentative ; c’est un connecteur additif qui marque un renchérissement. Cependant, les contextes dans lesquels quin apparaît sont parfois semblables à ceux dans lesquels se rencontrent certains connecteurs adversatifs. Dans les cas de corrélation avec non modo (non solum, non tantum), le recouvrement des emplois de quin et de sed ou uerum (etiam) est réel. En revanche, il n’y a pas, en dépit des apparences, de véritable concurrence avec les emplois de at en début de réplique, ni avec les emplois de sed ou uerum après négation : il s’agit de contextes ambigus dans lesquels quin souligne un rapport de continuité, tandis que les connecteurs adversatifs mettent l’accent sur une rupture.
    • « Nemo est quin… : origine d’une construction atypique », 2008, Lalies 28, p. 255-270.
      L’analyse de la subordonnée introduite par quin dans le tour nemo est quin… – proposition relative ou conjonctive – fait depuis longtemps l’objet d’un débat. Le fonctionnement de cette construction atypique, dont la subordonnée peut être rapprochée des relatives « phrasoïdes » décrites par Damourette et Pichon, est éclairé par l’origine de l’emploi de quin dans ce tour, qui a été rendu possible par la réanalyse du subordonnant conjonctif en subordonnant relatif dans le tour proche nemo… quin (avec verbe différent de esse).
    • « Négation incorporée et type de négation. Le cas des interrogatifs et subordonnants négatifs du latin », 2008 (à paraître), Bulletin de la Société de Linguistique de Paris 103-1, 2008, p. 153-172.
      Partant du constat que les deux adverbes interrogatifs du latin qui présentent une négation agglutinée (quin, quidni) connaissent un emploi marqué par rapport à celui des adverbes interrogatifs suivis d’une négation autonome, cet article montre que la négation agglutinée aux termes interrogatifs est toujours externe, ce qui a pour conséquence que les questions produites sont systématiquement des interrogations rhétoriques induisant une inversion de polarité. On peut vérifier, à propos des subordonnants comportant une négation agglutinée (quin, quominus) ou amalgamée (ne), que la négation incorporée est également externe. Il semble qu’il existe entre le caractère externe de la négation et son rapprochement sur l’axe syntagmatique avec le morphème exprimant l’interrogation ou la subordination un rapport qui se retrouverait, sous des modalités légèrement différentes, en français.
    • « Interrogation sur la manière, interrogation sur la cause et négation : existe-t-il des interrogations négatives portant sur la manière ? », 2008 (à paraître), revue en ligne Linguistica Latina 1.
      En latin comme en français, les adverbes ou lexies introduisant des interrogatives de manière peuvent également servir à interroger sur la cause ; cette ambivalence existe surtout pour les interrogatifs de formation opaque, comme français comment et latin qui (vs français de quelle manière et latin quomodo, quo pacto, quemadmodum). Lorsque l’interrogation introduite par ces termes est négative, dans les textes latins, sa valeur est toujours causale. Le fait que la manière soit très étroitement liée au procès, dont elle précise une modalité, explique qu’on ne puisse pas interroger sur la manière lorsque le procès est nié ; seules semblent pouvoir se rencontrer des interrogations négatives rhétoriques de manière, qui supposent que le procès s’est effectivement déroulé.
    • « L’art de la démonstration dans les œuvres philosophiques de Sénèque : le rôle argumentatif des interro-négatives de cause », 2009 (à paraître), Revue des tudes latines 86.
      Sénèque emploie, pour introduire ces questions, cinq termes différents : quidni (90 occurrences), quare non (28 occurrences), quin (7 occurrences), cur non (6 occurrences) et quomodo non (3 occurrences). Par rapport à ce qui peut être observé chez d’autres auteurs écrivant vers la même époque, la très grande fréquence d’emploi de quidni est tout à fait frappante; la rareté des occurrences de cur non et la relative abondance de celles de quare non sont également remarquables. J’essaie de préciser le rôle de chacun de ces interrogatifs et d’expliquer la fréquence de ses emplois en examinant le type d’interrogation et d’enchaînement dans lesquels il apparaît : interrogations percontatives employées dans le cadre de la ratiocinatio ou de la subiectio, interrogations rhétoriques à valeur assertive utilisées notamment pour reprendre une assertion précédente ou dans une relation d’implication, interrogations rhétoriques à valeur jussive. J’indique également le rôle que ces différentes sortes d’interro-négatives employées par Sénèque dans ses œuvres philosophiques ont dans l’argumentation, en fonction notamment des types d’enchaînements discursifs dans lesquels elles apparaissent.
    • « Différentes manières de renchérir en latin : quin, sed, immo, uel et aut », à paraître dans les Actes du 14e Colloque international de linguistique latine (Erfurt, juillet 2007) .
      L’étude porte sur les séquences présentant deux unités discursives A et B articulées par un connecteur argumentatif, dans lesquelles les unités A et B appartiennent à une même classe argumentative (sont orientées vers une même conclusion), B possédant plus de force argumentative que A. Le renchérissement ainsi défini a des affinités particulières avec la sphère de la connexion additive. Il est, en effet, régulièrement exprimé à l’aide du connecteur quin, qui apparaît exclusivement dans ce type de séquences en latin classique. Mais d’autres connecteurs, qui ne sont pas spécialisés dans cet emploi, peuvent aussi apparaître dans des séquences exprimant un renchérissement : sed (à condition toutefois que A se trouve dans la portée d’une négation syntaxique), immo, uel et aut. Ces connecteurs appartiennent aux sphères de la connexion adversative, pour sed et immo, et disjonctive, pour uel et aut. La manière dont l’expression du renchérissement peut s’intégrer à chacune de ces sphères est examinée, ainsi que la manière particulière dont chacun de ces connecteurs relie les unités discursives A et B.
    • « L’épigramme I, 109 de Martial : un poème encomiastique ou satirique ? », en préparation.
      Le poème 109 du premier livre d’épigrammes de Martial est généralement lu comme un éloge de la chienne Issa. Il s’inscrirait, selon cette interprétation, dans un double paradigme : celui de l’épitaphe d’un animal familier d’une part et, d’autre part, celui des poèmes de Catulle sur le moineau de Lesbie. Ce point de vue a été nuancé par Mario Citroni, qui perçoit dans ce texte une certaine ironie, sans se résoudre pourtant à le considérer comme franchement satirique. La présente étude reprend cette lecture ironique dont plusieurs ouvrages, pourtant postérieurs, ne paraissent pas tenir compte et l’étaye par de nouveaux arguments : le poème s’inscrit mal dans le paradigme de l’éloge d’un animal familier dans lequel on veut le faire entrer ; on trouve dans l’œuvre de Martial des indices très nets de son attitude critique envers les maîtres qui font preuve de trop de complaisance envers leurs animaux de compagnie ; le texte présente différents types de dissonances qui fondent la lecture ironique et que l’on propose d’interpréter dans le cadre d’une lecture polyphonique qui permet de voir dans ce poème une véritable satire.
  3. Comptes-rendus
    • C. Bodelot (éd.), Grammaire fondamentale du latin. Tome X, Les Propositions complétives en latin, Bibliothèque d’tudes Classiques 35, Louvain-Paris-Dudley, Peeters, 2003, 800 pages, pour la Revue de philologie 78/2 (2004), p. 379-382.J. Clackson and G. Horrocks, The Blackwell History of the Latin Language, Oxford - Malden (MA), Blackwell, 2007, VIII-324 pages, pour Latomus (à paraître).
    • Bodelot (éd.), é léments « asyntaxiques » ou hors structure dans l’énoncé latin, Collection ERGA, Clermont-Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2007, 312 pages, pour la Revue de philologie (à paraître).
    • Vallat, Onomastique, culture et société dans les pigrammes de Martial, Bruxelles, Latomus, 2008, 673 pages, pour la Revue de philologie (à paraître).